Hélas, nous pouvons vous annoncer d’ores et déjà qu’il pleuvra sous le ciel de Laruns, ce jeudi 10 décembre, à 15 heures. Et avant que le ciel béarnais ne verse ses larmes, elles sont pour l’instant contenues dans le coeur de tous ceux qui ont connu Jean-Claude Coudouy.
Hommage…
Il ne faudrait jamais intervenir personnellement dans un article lorsqu’on se prétend journaliste, mais là, une fois n’est pas coutume. C’est dans l’enfance que je reviens en entendant évoquer Jean-Claude Coudouy. Le soir, le noir, et une radio locale qui diffusait avec une régularité suspecte le “Hilh de Pute”.
Et au coeur de la nuit sombre, les éclats de rire absolus, et cette phrase qui ne devait plus jamais me quitter, la seule où il fait bon prendre l’accent pointu des parisiens : “Je leur ai dit hilh de pute, macareu, et ils ont tout de suite vu que j’étais du pays”.
Avec cette démonstration terrible de la “colère noire” et de la “sainte colère”.
Pour l’instant, le ciel pleure mais il est fort à parier que, d’ici quelques jours, ça va se marrer ferme du côté des anges.
Je les imagine, leur auréole coincée au-dessus de la tête, vissée façon béret, et qui s’entraîneront : “hilh de pute, c’est pas vilain du tout, ça vient du latin, puto, putare…”
A priori, ils ne devraient pas lui tenir rigueur du sketch “Le denier du culte”.
Mais Jean-Claude Coudouy, c’est autre chose, un engagement total pour sa vallée, qu’il aimait tant.
Ce fils de boucher-charcutier, né le 10 août 1946 à Laruns, fonda en 1982 “Los de Laruntz”, l’ensemble polyphonique d’hommes. Il était un incontournable du Festival de Siros, un homme de racines, de patrimoine, d’héritage et de transmission, qui aimait la montagne, les chants et le vin rouge.
C’est avec sa force singulière qu’il a longtemps combattu la maladie, donnant à toutes et tous les armes pour apprendre à supporter la tristesse aujourd’hui.
Nous avons une immense pensée émue à l’attention de Geneviève, son épouse, d’Arnaud et Lucie ses enfants, et tous ceux qui pleurent après avoir tant ri… Ce sont les anges qui ont de la chance…
Hilh de pute
Le denier du culte (à Laruns)




Ah, Jean-Claude! Il nous aura tous marqués de sa capacité à exprimer en paroles simples les choses souvent complexes de la vie. L’humour voisinant avec le plus sage. Le plaisir d’être ensemble lié à l’engagement commun. Son pays, sa langue, sa vallée bien sur, mais bien au delà. Il aura établi et nourri de ce qu’il était un territoire sans frontières.
Nous avons partagé dix ans de passion commune à l’organisation du festival de la Chanson béarnaise de Siros. Nous nous étions laissé porter nous, les gens de l’Ouest, vers la plaine sirosienne par le vent de la mer. Vers cette plaine de laquelle l’Adour et ses Gaves nous apportaient régulièrement à l’automne les murmure des voix des vallées béarnaises. Celles que le vin blanc des coteaux fait briller les soirs de cantère. Ces voix que nous reconnaissions comme des nôtres, sans pleinement en être. Nous les avons unies un dimanche de septembre, pour ne plus les séparer ensuite.
Jean-Claude, le dernier président du “Siros” des racines. Le Siros qui a ancré en 1972 en terre béarnaise, puis gasconne et aujourd’hui occitane, l’énergie qui nourrit désormais ceux, gamins ou aïeuls, qui sont ce que nous sommes. Cette puissance inégalable que donne à ceux qui la vivent la langue de la famille, du clan, de la tribu… Une langue qui ne sera jamais en concurrence avec la langue de la Nation, jamais. Ce que ne peuvent pas souvent comprendre ceux qui n’ont jamais eu la chance et le bonheur de le vivre ainsi.
Sur la grande scène de Siros, un vendredi de septembre, nous avions reconstruit autour de Jean-Claude la salle d’un bistrot de Laruns. Les voix de Lous dé Laruns y sublimaient les histoires de Jean-Claude… qui magnifiaient à leur tour les voix de Lous dé laruns. Soirée inoubliable, car inoubliée aujourd’hui.
Beaucoup évoqueront “le Hilh dé Pute!” au souvenir de Jean-Claude. Nous garderons précieusement quant-à nous “Pescayre dé lüe”. Jean-Claude avait créé cette ode à sa vallée sur l’empount dé Siros. Il en avait composé la musique sur des paroles d’Alexis Arette Lendresse.
Personne, même parmi les conteurs les plus brillants, ne pourra s’approprier Le Hilh dé Pute. Cette œuvre est trop la sienne. Construite par et pour lui. Il nous a laissé Pescayre dé lüe, pour que nous puissions y associer nos voix… et revoir s’éclairer son visage.
Cher Jean Claude…ce sont les anges au paradis qui vont se marrer avec toi… Je suis sur que tu auras apporter quelques cochonnailles…Tu aimais tant ta vallée et les Pyrénées. Je ne t’ai jamais vu de mauvaise humeur et même quand tu as enregistré ta dernière émission à la radio avec ton grand sourire, même trés malade, c’est toi qui m’a demandé comment j’allais. Tu as apporté plein de petits soleils dans la vie des gens qui t’ont rencontré…même quelques minutes. Je me dis aujourd’hui comme certainement beaucoup de gens: “quelle chance j’ai eu de le croiser dans ma vie”. Crois moi Jean Claude dans la vallée d’Ossau, à Siros ou ailleurs on ne t’oublieras pas de sitôt. Merci pour tout. Eric Dreux France Bleu Béarn
Bravo PresseLib’. C’est un très bel hommage. Bravo et merci.
OH ” HILH DE PUTE ” tu nous a quitté trop tôt J.Claude !!!!!
On ne t’oubliea jamais…
Merci PresseLib’ pour ce bel hommage.