C’est une figure poétique et littéraire locale d’importance dont la flamme vient de vaciller jusqu’à s’éteindre, avec la disparition de l’abbé Bégarie, âgé de 95 ans.
C’est sous le patronyme de Georges Saint-Clair qu’il signa plusieurs recueils comme “Pupitre”, “Côté ouvert”, ou “l’Arche d’Octobre”. Saint-Clair parce que c’était le nom du Mont où est enterré le poète Paul Valéry.
On se souvient…
On se souvient qu’il fut, en 1993, le lauréat du Grand Prix de poésie de l’Académie Française, un prix parmi tant d’autres qui couronnèrent son oeuvre foisonnante. A cette occasion, Maurice Druon (de l’Académie française) avait dit : “Né en pays béarnais, pasteur de paroisses béarnaises, poète béarnais, Georges Saint-Clair qui ne fait qu’un avec l’abbé Jean Bégarie et qui reçoit le grand prix de poésie, a été influencé par ses voisins illustres, Francis Jammes et Paul-Jean Toulet.”
Le poète était le neveu d’un autre gascon, poète de renom, Jean-Baptiste Bégarie, emporté à l’âge précoce de 23 ans dans la première guerre mondiale, en 1915. Né le 30 septembre 1921, ordonné prêtre en 1949 et alors nommé curé de Lucgarier, Lys, Gomer ou surveillant d’études à Nay, il coulait sa retraite littéraire et active dans sa demeure familiale de la rue Jean-Baptiste Bégarie à Pontacq. Phrases courtes, musique des mots, sonorités, le poète jouait de son art poétique.
Les poètes pleureront sur terre, mais on sait qu’au ciel, les mots vont virevolter. Et l’on se plait à imaginer les retrouvailles entre Toulet, Jammes et Saint-Clair, rejoints par Valéry, Apollinaire et bien d’autres. “Je marche dans les rocs / D’une cime où n’existe Que l’éclat du silex / Que l’arête du bleu / Et sans rien invoquer / De la cruche des anges / Je nourris de ma soif / La fournaise de Dieu.”




Mon cher ami abbé-poète est disparu !
Je me souviens d’avoir abordé avec lui, à propos du grand âge, ce sonnet de Francis Jammes :
“et nous naviguons tous à bord d’un Saint-Géran” Ce dernier vers lui évoquant un vieux bâtiment qui, de la cale, la proue, l’étrave, les sabords, déjà craque de toutes parts. Et cette dédicace qu’il me fit en me dédiant son poème “L’Amiral” dans Sidéra Somnos, : “A vous ces deux mots dont s’était enchantée ma jeunesse, alors que je traduisais Virgile – au temps des cerises. Et voici qu’ils reparaissent – sévères comme une épitaphe – pour recouvrir mon dernier livre, au bord de ma tombe, au temps des cyprès”.
Avec Dieu soyez mon ami. Gérard Fauconnier
il est reconnaissable en chacune de ses syllabes, de dédicace comme de poème, Saint-Clair
Daniel Aranjo