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Décryptage – L’ovalie, village gaulois entre derby et fusion

Le 31 Jan. 2018

Ce week-end, les Basques et les Landais vont s’auto-affronter et attirer la grande foule. Alors que l’on parle toujours de rapprochements… Chaud devant !

Pas moins de 6 clubs du bassin de l’Adour sont encore dans l’élite du rugby français : Pau en Top 14 ; Biarritz, Bayonne, Dax et Mont-de-Marsan en Pro D2 ; Tarbes en Fédérale 1 Elite. C’est beaucoup alors que les instances fédérales veulent privilégier l’arrivée de représentants de régions situées dans la moitié Nord de l’Hexagone.


Le FC Auch, club du nouveau sélectionneur des Bleus, Jacques Brunel, a déposé son bilan. C’est le RC Auch qui a repris la tradition au bas de l’échelle du rugby amateur. Pourtant ce club était une référence du rugby français, formateur de très nombreux champions. Des anciens, comme Jacques Fouroux, et quelques-uns des meilleurs joueurs actuels comme Antoine Dupont, Anthony Jelonch, Pierre Aguillon, Gabriel Lacroix, Benjamin Dambielle, Arnaud Mignardi, Brandon Fajardo…


Le nerf de la guerre est plus que jamais le budget, même si certains font des exploits avec de faibles moyens. Mais pendant combien de temps ? Les 6 clubs de l’élite du rugby rassemblent, au total, plus de 50 millions d’euros par an. C’est autant que les deux métropoles voisines, Toulouse et Bordeaux.

La logique voudrait que, tôt ou tard, Bayonne et Biarritz se rassemblent pour former un grand club basque. D’autant plus que les deux clubs sont dans la même zone urbaine. D’autant plus que le Pays Basque a su se doter d’une collectivité territoriale unique. Même chose dans les Landes, où Mont-de-Marsan et Dax sont bridés par des budgets très limités. Et pourquoi pas un accord entre Pau et Tarbes ?


On le sait, les noyaux durs des groupes de supporters sont vent debout dès que de tels projets sont simplement évoqués. Leur argument principal, l’identité voire… le patriotisme local qui s’exprime particulièrement lors des derbies, donc au mieux 2 fois par an. Samedi, Biarritz-Bayonne se jouera à guichets fermés ; vendredi, Mont-de-Marsan-Dax fera la plein à Guy-Boniface. D’accord.

La saison dernière, la fusion entre le Racing et le Stade Français a explosé en vol, sous les mêmes prétextes. Aujourd’hui, les joueurs en rose se traînent dans le bas du classement et jouent le plus souvent dans un stade à moitié vide. Identité ?


Jusqu’à quel stade (si l’on peut dire) peut-on ainsi fermer les yeux sur des évidences ? Dans tous les secteurs, les entreprises se remettent en cause en permanence, se réinventent pour suivre le rythme des bouleversements numériques, énergétiques, économiques, sociaux… Et pendant ce temps, le village gaulois du rugby français s’enferme dans la résistance, certes fêtarde mais quand même…

3 commentaires au sujet de cet article

  1. Visiblement, à travers ce que vous écrivez, vous semblez ne rien connaître au monde du rugby et aux émotions qu’il nous fait vivre. Ce qui vous autorise, au passage, à caricaturer au travers d’expressions telles que “village gaulois”, “résistance fêtarde”( vous avez oublié la troisième mi-temps alcoolisée) les amateurs de ce sport qui ne saurait être réduit à la seule dimension économique. Alors oui, si l’on veut copier les franchises “hors sol” qui ont mis la main sur le rugby français de haut niveau, si l’on veut définitivement tarir l’éclosion des jeunes talents en recrutant à millions des “stars” étrangères, si l’on veut tout à la fois tuer le rugby populaire et mettre le coup de grâce à l’équipe de France, alors, votre logique est la bonne. Même si c’est celle de la mafia des Laporte et autres Simon qui a pris le pouvoir dans le rugby français, ce n’est pas la mienne.

    1. Je suis entièrement d’accord avec ce qui vient d’être dis.
      On trouve périodiquement des intellectuels assis derrière un bureau.pour lancer des idées saugrenues.
      Si l’on peut entendre ce genre de suggestion , qui plus est dans un contexte économique difficile, il ne faut pas rêver.
      Dans ce genre de situation 1 +1 ne fait jamais 2. Cela il faut bien l’intégrer!
      Prenons l’exemple de Dax et Mont de Marsan!
      – Ou va jouer l’équipe mixte ? aux arènes de Bégaar (à mi-chemin des deux villes).
      – Les écoles de rugby fonctionnent différemment ainsi que les sections amateurs des deux clubs!
      – Les municipalités aideront-elles les équipes comme auparavant?
      – les omnisports ne fonctionnent pas là-aussi de la même manière.
      Sans vouloir jouer les obtus, on peut penser que cela reste possible à certains endroits et encore!
      L’histoire nous rappelle que la fusion Tarbes-Lannemazan a bien enterrée ce dernier club….
      En tout cas vendredi je serai présent à Mont de Marsan- Dax pour voir la victoire des jaunes et noir, mais aussi en souhaitant que les dacquois se maintiennent pour revivre les derbys en 2019…..

  2. Toujours la même logique, strictement financière… Celle qui a tué le commerce de proximité, désertifié nos villages et les centre-villes au profit d’une grande distribution totalement déshumanisée. Logique du fric au nom de laquelle, de fusions en regroupements, on aura bientôt plus qu’une seule équipe “Aquitaine”, et pourquoi pas “Grand Sud-Ouest” ? Jusqu’à ce que le championnat ne se joue plus qu’entre 4 grands clubs … ? Qui seront condamnés à recruter des mercenaires à l’étranger pour jouer devant un public de consommateurs, qui les lâchera au premier revers ? Car on aura tué tous les “petits” clubs qui alimentent le rugby en jeunes talents et fournissent les supporters qui font vivre ce sport.
    Triste société qu’on nous prépare…

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