A l’occasion des vœux, Philippe Jacquemain (ci-contre) a présenté la stratégie de la Chambre de commerce et d’industrie des Landes pour faire face de manière efficace à la conjoncture difficile et à la nouvelle donne générée par la réforme territoriale en cours.
Après un tour d’horizon de l’activité économique dans le département, le président de la CCI a fait le point des priorités 2015, exprimant aussi le souhait de voir se créer une agence landaise de développement économique.
Ce qu’il faut savoir…
Comme nous en avons déjà parlé, la dernière enquête de conjoncture (consultable sur le site Internet de la CCI des Landes) a montré que, dans un contexte d’atonie des marchés, les entreprises locales souffrent.
Heureusement, « des lueurs apparaissent » pour les entreprises qui exportent, grâce à une pause dans le prix des matières premières et à la baisse de l’euro. Si la chute des exportations vers l’Europe se poursuit, le rebond est sensible sur l’Asie et l’Amérique. Ce sont les secteurs de la chimie et du bois qui en profitent tandis que l’agroalimentaire, le papier et les produits de l’habillement accusent le coup.
Inquiétudes sur les investissements et l’emploi
Philippe Jacquemain a souligné que « moins de 15% des entreprises ont engagé des investissements importants, soit 10 points de moins que l’an dernier. Cette tendance est similaire à celle observée en France ou en Europe. Elle pose la question de fond d’une absence de confiance dans l’avenir ».
Côté emploi, si 2 entreprises sur 3 ont conservé leurs emplois, seulement 12% ont recruté et 22% ont réduit leurs effectifs. Ainsi, en 2014, les offres d’emploi ont chuté de 4%.
Au côté des entreprises…
Plus que jamais, la CCI se mobilise pour accompagner les entreprises. Et l’année dernière, elle a ainsi répondu aux sollicitations de 4.663 patrons du commerce, de l’industrie et des services (+17% par rapport à 2013).
Mais, pour assurer ces missions, la chambre consulaire a du revoir l’organisation de ses prestations pour dégager de nouvelles marges afin de compenser les ponctions de l’Etat. Pour 2015, l’objectif est d’accroître de 20% les ressources, tout en baissant les charges de 5%.
Prudence obligatoire sur les investissements
L’institution a du aussi tenir compte de la nouvelle donne imposée par l’Etat, comme l’a rappelé Philippe Jacquemain : « Le gouvernement aura prélevé, entre 2014 et 2015, environ 1 milliard d’euros versé aux CCI de France par l’ensemble des entreprises françaises. Qu’il n’y ait pas de confusion, il ne s’agit pas là d’une baisse de cotisation sur nos propres taxes, mais d’un prélèvement sur les fonds de roulement des CCI, une fois leurs taxes encaissées ».
Cette ponction a obligé la CCI à revoir son programme d’investissements, sans pour autant hypothéquer l’avenir. Ainsi, la construction de l’antenne d’Ondres a été reportée. Des solutions seront recherchées pour soutenir le Seignanx en collaboration avec le maire de la commune, Eric Guilloteau.
Si le parking de l’antenne de Dax sera aménagé comme prévu, la décision de la construction des écoles de design et de management à Mont-de-Marsan sera réexaminée en juillet.
« Renoncer à ces investissements serait extrêmement dommageable au développement de ces deux écoles d’enseignement supérieur, qui comptent déjà près de 140 étudiants, obtiennent de bons résultats et doivent ouvrir 4 nouveaux diplômes en septembre prochain » a ajouté Philippe Jacquemain.
Les enjeux majeurs de la formation
L’Ecole supérieure de Design des Landes vise à accroître sa notoriété régionale et à l’international. Elle continuera de favoriser l’insertion professionnelle des diplômés, tout en attirant de nouveaux étudiants. Des partenariats seront développés avec d’autres écoles étrangères pour organiser des ateliers et des stages.
Quant à l’Ecole supérieure de Management, elle se renforcera avec l’ouverture de nouveaux titres en matière de tourisme et de commerce. « J’aimerais qu’elle prévoit également, dans un proche avenir, de s’ouvrir au numérique, avec des partenariats originaux à construire » a précisé le président de la CCI.
« Au niveau des activités de formation continue, nous prévoyons en particulier un nouveau parcours de formation délocalisé sur Biscarosse pour les entreprises du tourisme et le développement des cursus innovant, à partir de notre plateforme e-learning »
Une agence landaise de développement économique ?
De nombreuses initiatives seront prises en matière d’appui aux entreprises et de développement régional, avec notamment : le Pack confiance transmission d’entreprise, les diagnostics accessibilité, le soutien aux associations de commerçants, les programmes Maîtrise et performance énergétique et Eco-innovation, la certification Origine France garantie, ou encore le programme régional Ambition croissance.
Philippe Jacquemain a également souhaité une mobilisation pour favoriser l’implantation d’activités industrielles, en fédérant les différents acteurs.
Dans cet esprit, il a prôné la création d’une Agence landaise de développement économique : « elle me paraît d’autant plus nécessaire que la future Région Aquitaine/Poitou-Charentes/Limousin va rendre nécessaire de nouveaux partenariats locaux, à l’échelle départementale et intercommunale ».




C’est scandaleux ce que fait le gouvernement en piquant dans les caisses des chambres de commerce (entre autres…). Cet argent va manquer aux Landes et va être englouti dans le gouffre des administrations nationales.
Yves a raison et le résultat, dans les Landes comme dans les autres départements, sera un arrêt des investissements. Le cercle vicieux est engagé.
Bonne idée, cette agence pour le développement. Les Landes ont de puissants atouts à encore mieux exploiter : union sacrée pour attirer des industriels et soutenir ceux qui sont en place.
Ne lâchez pas ! Il faut continuer la résistance contre ce hold-up du gouvernement sur les finances locales. C’est le cas avec les CCI, mais aussi avec les Départements et les Villes. Qu’ils gèrent mieux leurs propres finances avant de venir pomper celles des autres.
Les écoles supérieures sont un atout énorme pour les Landes. Il n’y a pas de raison de laisser Pau occuper le créneau.
Les choses vont peut-être changer avec les élections départementales