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Le patron du groupe Total en Béarn

Le 25 Mar. 2015

Patrick Pouyanné sera jeudi à Lacq : un événement dans une période clé pour le géant de l’énergie

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Le nouvel homme fort de l’industrie française, fils d’un Landais et d’une Ariégeoise, consacrera sa première visite en Béarn au bassin de Lacq. Un site exemplaire pour sa reconversion : Total a, en effet, favorisé la pérennisation de 8.000 emplois industriels, pour prendre le relais de la fermeture du gisement de gaz.

Au moment où le 5e groupe pétrolier mondial (100.000 collaborateurs dans 130 pays) s’adapte à une brutale baisse du prix du baril de pétrole, cette visite en Béarn est particulièrement attendue.

Décryptage de la stratégie du successeur de Christophe de Margerie, tragiquement disparu en septembre 2014.

Ce qu’il faut savoir…


TOTALNommé directeur général de Total en octobre dernier, Patrick Pouyanné, a immédiatement été confronté à un nouveau choc pétrolier, puisque les prix du pétrole ont baissé de près de 60% en 7 mois. L’impact est gigantesque puisque une chute de 50 dollars sur le prix du baril représente une perte de 10 milliards de dollars sur un an pour le groupe français.

Ce provincial pragmatique a vécu une partie de son enfance à Bayonne (son père y était responsable des Douanes). Formé au collège Ravel à Saint-Jean-de-Luz, puis au lycée Montaigne à Bordeaux, il s’est ensuite illustré à Polytechnique au sein de la prestigieuse promotion 1983, aux côtés de quelques grands noms actuels de l’industrie.

 


 

Quatre points clés et ne pas « surréagir »

PL TOTAL DESMARESTA 51 ans, Patrick Pouyanné a rapidement pris en main les destinées du groupe, aux côtés de l’emblématique Thierry Desmaret, brillant pilote les fusions de Total avec Petrofina (1999) puis avec Elf (2000). Ce dernier lui transmettra d’ailleurs le mandat de président en décembre prochain.

Clin d’œil : c’est en 1997 que Patrick Pouyanné rejoint le secteur pétrolier, cédant aux sollicitations du patron d’Elf, Philippe Jaffré. Il débute ainsi à Pau, avant de s’envoler pour l’Angola puis la Qatar. Deux étapes importantes dans sa trajectoire fulgurante vers le sommet du groupe.

 


TOTAL 8Face aux défis de la chute du prix du pétrole et des révolutions du secteur de l’énergie, le nouveau patron du géant pétrolier a bâti sa stratégie autour de 4 points clés : la sécurité, l’exécution des projets promis, la maîtrise des coûts et le cash-flow pour assurer le développement.

Si la sécurité est l’élément incontournable dans ce secteur pour assurer la protection de l’environnement et des personnes, le groupe fonde de gros espoirs sur la quinzaine de projets majeurs qui doivent se concrétiser d’ici 2017, dans son cœur de métier : l’exploration et la production d’hydrocarbures. Des projets qui sont dans les tuyaux depuis de nombreuses années et qui ont fait l’objet d’investissements lourds.

 


TOTAL 9Et si Total doit limiter quelques investissements pour s’adapter à la conjoncture, cette politique à moyen et long terme n’est pas remise en cause, bien au contraire. Ainsi, Patrick Pouyanné a accéléré la réduction des coûts, indispensable pour baisser le point mort et prendre en compte un baril à 40 dollars.

Mais, il ne veut pas « surréagir » convaincu que le groupe sera d’autant plus performant demain qu’il aura été « capable d’investir dans le bas de cycle aujourd’hui ».

 


 

Une chance pour la région…

PL TOTAL POUYANNE« Brillant, travailleur, imaginatif, pragmatique, doté d’un bon sens de l’écoute », Patrick Pouyanné a une solide réputation au sein de ce groupe en mutation permanente et donc tiré par la recherche et l’innovation. Que ce soit pour faire face à la complexité croissante de l’exploitation des hydrocarbures, et à la nécessaire efficacité énergétique. Ou que ce soit pour garantir au plus grand nombre un accès durable à l’énergie, en diversifiant l’offre des ressources disponibles. C’est ainsi que Total investit dans le solaire depuis 30 ans et qu’il porte plusieurs projets autour de la biomasse.

 


TOTAL PAU*L’enjeu pour la région de la bonne santé du groupe Total est majeur, d’autant plus qu’il a largement prouvé sa fidélité au bassin de l’Adour.

Pourtant, après la fusion de Total et de Elf (1999/2000), sur fond de situation conflictuelle en Béarn (y compris avec les élus), l’inquiétude était grande de voir le Centre Jean-Feger de Pau fondre progressivement. Fort heureusement, il n’en a rien été, bien au contraire.

 


TOTAL CENTRE FEGERCe centre névralgique dans son cœur de métier (exploration et production) compte aujourd’hui 2.900 personnes offrant un très haut niveau de compétences, avec des milliers de visiteurs qui affluent du monde entier chaque année.

Dans ses 60.000 m2 de bureaux, en bordure de la rocade Nord de Pau, le centre accueille aussi des outils extraordinaires, dont l’un des plus gros calculateurs du monde.

 


PL toray2Outre ce site palois, ces dernières années le géant pétrolier a eu une influence exceptionnelle sur le dynamisme de la région : avec le redéploiement du bassin de Lacq qui a maintenu (fait unique en France) 8.000 emplois industriels malgré la fermeture du gisement de gaz ; avec l’implantation de Toray pour installer une véritable Carbon Valley en Béarn ; avec le « pilote » de niveau mondial de captage et stockage de CO2 ; avec les filières locales autour du génie pétrolier, de la géothermie et du pôle de compétitivité Avenia, le tout en liaison avec l’Université de Pau et des Pays de l’Adour ; avec la Sobegi et le Cluster Lacq chimie 2030, etc.

 


PL TIGF VISUELParallèlement, Total a parfaitement mené la transmission de Tigf (transport de gaz) à des opérateurs de haut niveau. L’ancienne Société des Gaz du Sud-Ouest développe des chantiers gigantesques dans la région et vient de construire son nouveau siège social à Pau, confirmant son ancrage historique.

 


PL SECTION TOTALPour mesurer le poids de Total en Béarn, il faut aussi ajouter les nombreux partenariats : avec la Section Paloise, avec le Grand Prix automobile de Pau, avec le Parc des expositions, avec l’Elan Béarnais… qui contribuent largement au dynamisme du territoire.

9 commentaires au sujet de cet article

  1. Vous faites bien de rappeler ce que Elf puis Total ont fait pour la région. Certains ont tendance à toujours critiquer ou à aller chercher la petite bête comme avec d’autres entreprises. C’est idiot ! Que serait notre région sans ces entreprises ?

  2. Quand on pense qu’il n’y a pas très longtemps le centre de recherche de Pau ne comptait que 1800 personnes. Il a été créé plus de 1000 emplois de haut niveau. C’est exceptionnel et l’on en a bien peu parlé. En tous cas pas assez. Vous vous rendez compte : 1000 emplois de plus à Pau !

  3. Je travaillais chez Elf au moment de la fusion avec Total. C’est sûr que l’attitude des responsables locaux avait sérieusement refroidi la direction du groupe. Je confirme que le centre de recherche de Pau était sur la sellette.

  4. Vous avez fait un article sur la construction par Total de plastiques spéciaux pour l’automobile afin d’alléger les voitures et de réduire la conso. Est-ce que ce développement se fera aussi en Béarn ?

  5. Les bienfaits de Total concernant l’économie locale en Béarn sont incontestés et primordiaux.
    Notre époque dit faire spécialement attention à l’environnement,comment laisse-t-on s’implanter à Lacq des usines si bruyantes que bon nombre d’habitants en sont gênés la nuit ou peintes de couleur profondément choquante dans un paysage où n’existe pas de bauxite.

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